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Pr François HAAB (urologue, Paris)

Pathologies broncho-pulmonaires et hyperactivité vésicale : Le muscle lisse, un dénominateur commun

L’étape 4 de l’itinéraire* expose les points communs et les liens épidémiologiques entre certaines pathologies broncho-pulmonaires et l’hyperactivité vésicale (HAV), ainsi que les précautions nécessaires en cas de prescription d’anticholinergiques.

Un acteur clé : le muscle lisse

« Le premier point commun entre les bronches et la vessie est le muscle lisse, innervé par le système nerveux végétatif et par l’acétylcholine », explique le Pr François HAAB.
Dans la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), on note une augmentation de la paroi bronchique et du tonus du muscle lisse bronchique (1) ; dans l’HAV, il y a des contractions involontaires du detrusor essentiellement composé de muscle lisse (2).
Il existe des analogies au niveau des récepteurs entre les pathologies broncho-pulmonaires et l’HAV : avec la relaxation médiée par la voie bêta-adrénergique, alors que la contraction est médiée par la voie cholinergique (contraction active et passive des bronches et du detrusor) (3).

Des liens épidémiologiques entre pathologies respiratoires, incontinence urinaire et HAV

« Un autre point commun important, souligne le Pr F. HAAB, est le tabagisme chronique, grand facteur de risque de pathologies broncho-pulmonaires, mais également facteur de risque de pathologies vésicales. Le tabagisme passif est également un facteur de risque majeur de cancer broncho-pulmonaire, mais aussi de cancer de la vessie. »
Les patients tabagiques ont un risque augmenté d’incontinence urinaire (IU) (4).
Asthme et BPCO augmentent le risque d’IU (5) et sont des pathologies significativement associées à l’HAV (4).
Le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS) augmente le risque d’IU et d’HAV (6, 7).

Impact des traitements anticholinergiques sur le risque de rétention urinaire

Étant donné que ces pathologies broncho-pulmonaires et vésicales dépendent du système nerveux cholinergique, les traitements font appel à des anticholinergiques à visée broncho-dilatatrice pour les pathologies bronchiques ou à visée relaxante vésicale pour le traitement de l’HAV.

Mais, remarque le Pr F. HAAB, « l’administration d’un anticholinergique pour les bronches peut avoir une incidence sur la contractilité vésicale, avec un risque de rétention urinaire par l’effet anticholinergique sur la vessie, plus marqué en cas d’inhalation que par voie orale ».
Une augmentation de 40 % du risque de rétention urinaire aiguë est rapportée chez les patients porteurs d’une BPCO et traités par anticholinergiques (8), notamment avec l’utilisation d’un nébuliseur, en cas d’initiation récente (15 premiers jours) et d’hypertrophie bénigne de la prostate.

Précautions en cas de traitement anticholinergique

« En cas de prescription d’anticholinergiques, notamment inhalés, explique le Pr F. HAAB, il faut se méfier du risque de rétention urinaire devant la survenue de troubles mictionnels chez un patient avec hypertrophie bénigne de la prostate, surtout en début de traitement. »
En pratique, rechercher à l’interrogatoire la fréquence des mictions, la force du jet urinaire et demander au patient ce qu’il ressent après 10-15 jours de traitement. Vérifier qu’il n’y a pas eu de modification des troubles mictionnels.
Enfin, l’orientation vers un spécialiste est recommandée, en cas d’absence de réponse au traitement de première ligne de l’HAV ou d’échappement, de douleurs ou de symptôme atypique, surtout en cas de tabagisme (ou d’antécédent de tabagisme) afin d’éliminer une HAV non idiopathique (cancer de la vessie).

Dr Claude Guillemin

CE QU’IL FAUT RETENIR
> Facteur de risque commun : le tabagisme chronique (risque de cancer broncho-pulmonaire et de cancer de la vessie).
   Donc, incitation à l’arrêt du tabac chez les patients fumeurs incontinents.
> Facteur de risque cholinergique partagé entre pathologies broncho-pulmonaires et pathologies vésicales.
> Retentissement sur la vessie du traitement des pathologies bronchiques par anticholinergiques.