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Pathologies rachidiennes et hyperactivité vésicale :
Les troubles urologiques font partie du tableau clinique

L’étape 2 de l’itinéraire « Hyperactivité vésicale (HAV) et pathologies chroniques » est consacrée aux liens entre HAV et pathologies rachidiennes.

HAV et myélopathie cervicale, des liens étroits

« La prévalence de l’HAV et de la myélopathie cervicale augmente avec l’âge ; il est très fréquent que ces deux pathologies soient associées », explique le Pr Jean-Nicolas Cornu (urologue, CHU, Rouen). «La myélopathie cervicale est une pathologie dégénérative, le plus souvent d’origine arthrosique, qui provoque une compression médullaire souvent progressive ou parfois plus aiguë, poursuit le spécialiste ; cette compression médullaire peut entraîner une HAV en perturbant les nombreuses voies de signalisation neurologiques qui existent entre le cortex, le pont et les organes pelviens dont la vessie.» Le système nerveux joue un rôle régulateur essentiel du cycle continence-miction.(1-3)

En effet, face à un syndrome rachidien cervical avec des signes évocateurs de myélopathie cervicale, trois tableaux cliniques sont à considérer :
– Le tableau urologique. La myélopathie cervicale peut être responsable d’une HAV en perturbant les réflexes médullaires.(1-3) À l’HAV peuvent s’associer une dyssynergie vésico-sphinctérienne (manque de coordination du muscle vésical et du sphincter strié urinaire) et des signes ano-rectaux et/ou génito-sexuels.(3,4) À l’examen clinique, il faut rechercher des troubles de remplissage (urgenturie, nycturie…) définissant l’hyperactivité détruso-rienne, mais aussi des troubles de vidange.
– Le tableau neurologique. L’examen neurologique est aussi un temps fort de l’examen clinique. Il faut rechercher des douleurs, des troubles de la marche, un syndrome sous-lésionnel.(2-4)
– Le tableau ostéo-articulaire. Il faut rechercher une anomalie ostéoarticulaire à l’examen clinique (un syndrome rachidien incluant douleur, raideur, etc.). « Une compression aiguë est une urgence neurochirurgicale, l’IRM médullaire sera demandée en urgence. Face à des troubles plutôt chroniques, la présence de symptômes urinaires depuis des mois associés à une pathologie vertébrale connue, conduit à la réalisation d’une IRM et d’un bilan urodynamique (débitmétrie, cystomanométrie). Ces derniers permettront de poser éventuellement une indication spécialisée d’infiltration, de chirurgie du rachis », indique le Pr Jean-Nicolas Cornu.

Troubles vésico-sphinctériens dans un contexte de lombosciatiques

La moitié des patients souffrant d’une sciatique « classique » présenterait des troubles vésico-sphinctériens.
« Schématiquement, explique le Pr Emmanuel Chartier-Kastler (urologue, CHU Pitié-Salpêtrière, Paris), on décrit deux situations cliniques, la première concerne des patients ayant des lésions hautes entraînant plutôt des troubles à type d’hyperactivité détrusorienne ou hyperactivité vésicale, la seconde concerne des patients avec des hernies lombo-sacrées ayant pour conséquences des troubles à type d’hypocontractilité, d’hypoactivité vésicale, voire d’acontractilité. » (5-8) Dans le cadre d’un syndrome de la queue de cheval, les troubles vésico-sphinctériens peuvent être associés ou non à d’autres troubles neurologiques périnéaux, ano-rectaux et génito-sexuels, ou à des anomalies des membres inférieurs.(5,7)

Face à un patient présentant une lombosciatique aiguë, il faut rechercher un trouble de la vidange vésicale (rétention urinaire) dont la présence objective un syndrome de la queue de cheval; il faut également rechercher des signes associés, par exemple des troubles du tonus anal, une hypoesthésie périnéale ou une hypoesthésie des organes génitaux externes.(5-9) Face à un patient présentant une lombalgie chronique, les troubles urinaires sont très peu spécifiques. Il faut réaliser un examen clinique neurologique rigoureux afin d’éliminer une compression neurologique. L’objectif est de prévenir la distension chronique de la vessie en intervenant précocement. (5-9)

Retrouvez dès le 5 mars sur le site du Quotidien du Médecin, les entretiens vidéo du Pr Jean-Nicolas Cornu (urologue, CHU, Rouen) et du Pr Emmanuel Chartier-Kastler (urologue, CHU Pitié- Salpêtrière, Paris).