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HAV et pathologies chroniques…
Top départ pour la 1re étape

L’itinéraire « Hyperactivité vésicale et pathologies chroniques »* débute ce mois-ci sur le site www.lequotidiendumedecin.fr. Il permet de faire le point sur le lien entre certaines pathologies chroniques (syndrome métabolique, diabète, obésité, hypertension artérielle, asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive, syndrome d’apnée obstructive du sommeil, rachis, syndrome de l’intestin irritable [SII], anxiété, dépression) et l’hyperactivité vésicale (HAV) au fil des mois de façon didactique et interactive, de janvier 2018 à mai 2018.

Un grand nombre de patients atteints de patho-logies chroniques présentent ce syndrome d’HAV (1) ; l’HAV touche 10 à 17 % de la population et cette prévalence augmente avec l’âge (1). Le syndrome clinique d’HAV est défini par un besoin irrépressible d’uriner (urgenturie), avec ou sans incontinence urinaire, le plus souvent associé à une pollakiurie et une nycturie (2). La vessie hyperactive a un impact sur la santé physique, mentale et émotionnelle des patients, et des répercussions sur la qualité de vie (retentissement sur la qualité du sommeil, l’estime de soi, l’humeur ainsi que sur les activités physiques) (3). L’HAV est donc un problème médical majeur compte tenu de cette forte prévalence et de ses répercussions sur la qualité de vie (4).

C’est pourquoi, elle est au centre de cet itinéraire de médecine générale décliné en cinq étapes que nous vous proposons dès la semaine prochaine.

Des experts de renom ont répondu présents pour collaborer à ces différents modules de formation sur l’HAV et les pathologies chro-niques. La première étape de cet itinéraire concerne « HAV et SII, HAV et anxiété/dépression ».

Le Pr Gérard Amarenco (à gauche sur la photo ci-dessus, service de neuro-urologie, hôpital Tenon, AP-HP, Paris) et le Pr Xavier Gamé (à droite sur la photo ci-dessus, urologue, CHU Rangueil, Toulouse) y ont participé.

HAV et SII, une intrication extrême

« Il existe un dialogue singulier entre le côlon et la vessie, explique le Pr Gérard Amarenco. Sur le plan physiopathologique, une intrication extrême est observée entre ces deux organes ». Le risque de survenue d’une HAV est multiplié par 2 à 4 chez une patiente présentant une constipation (5).

À l’évidence, des déterminants communs vont entraîner à la fois une dysrégulation intestinale et vésicale ou dysrégulation de l’axe « brain-gut » ; il peut s’agir de lésions du système nerveux végétatif ou système nerveux autonome qui préside à la coordination et à l’organisation de la motricité et de la sensibilité de ces organes, côlon et vessie.

Aussi, en raison des liens syndromiques forts entre le SII et l’HAV, la prise en charge d’une HAV ne peut s’envisager qu’après avoir écarté un SII associé.

HAV et anxiété/dépression, quand le psyché retentit sur le soma et vice versa

« Il est clair, affirme le Pr Xavier Gamé, que l’anxiété ou un stress constant est un facteur de risque de développer une hyperactivité vésicale (4) ». Pour la dépression, le lien de causalité est beaucoup moins clair (6). « Par contre, l’existence d’une hyperactivité vésicale va favoriser une dépression, ce d’autant que l’HAV est accompagnée de fuites, c’est-à-dire d’une incontinence urinaire (7) ». Le fait de traiter un syndrome clinique d’HAV soit par des traitements médicamenteux, soit par des traitements plus invasifs, permet d’améliorer le syndrome dépressif (8).

Traiter un trouble de la dépression a fortiori lorsqu’il est réactionnel à une HAV n’aura aucun effet sur le syndrome d’HAV ; il faut traiter la cause de la dépression. « En revanche, poursuit le Pr Xavier Gamé, traiter un syndrome anxieux devrait améliorer l’hyperactivité vésicale puisque c’est un des princi-paux facteurs favorisant l’HAV, mais le niveau de preuve est à ce jour encore insuffisant pour pouvoir l’affirmer totalement. » L’enseignement est de prendre en charge le patient dans sa globalité et, lorsqu’il y a un terrain anxieux sous-jacent, de traiter l’anxiété pour améliorer les résultats de la stratégie thérapeutique de l’HAV.

Voici un avant-goût de ce que vous retrouverez sur le site du Quotidien du Médecin en vous connectant à l’itinéraire « Hyperactivité vésicale et patholo-gies chroniques ». N’hésitez pas, venez nombreux vous informer, vous former et testez vos connaissances sur cette thématique. La mise en ligne est proche. Le compte à rebours vient de commencer !